Relations France-Algérie. Un raté de plus pour Macron, qui décidément laissera un souvenir désastreux sur tous les sujets.

Un gâchis. Comment en est on arrivés là ?
L’Algérie n’est pas une démocratie, on le sait, mais le Maroc non plus. Et ce n’est pas ce genre de situation qui gène Macron, lui qui fraternise avec des pouvoirs peu recommandables comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, ou l’état criminel d’Israël.

Un gros point de discorde est le soutien de Macron à la colonisation du Sahara Occidental  par le Maroc ( Melenchon a hélas la même position).  L’occupation de ce territoire est condamnée par l’ONU et depuis des années le Front Polisario lutte pour l’autonomie de son territoire. Rien ne justifie cette position de Macron et il savait très bien qu’il allait provoquer la colère de l’Algérie.

Mais d’autres facteurs interviennent, comme le contentieux à propos des visas et des reconduites à la frontière de clandestins algériens.
l’Algérie exige désormais que l’ancienne puissance coloniale décontamine les zones sahariennes où elle effectua ses essais nucléaires .
Les autorités algériennes accusent aussi le ministre de l’intérieur Bruno Retailleau d’instrumentaliser les différends à des fins de politique intérieure .

De plus, véritable provocation, Macron vient d’organisé des manœuvres militaires conjointes avec le Maroc tout près de la frontière algérienne !

Il serait possible et souhaitable d’avoir des coopérations positives à la fois avec le Maroc et avec l’Algérie..



GRAVE CRISE ENTRE PARIS ET ALGER : IL FAUT RÉAGIR ! 

« C’est la crise la plus grave entre l’Algérie et la France depuis l’indépendance ! » souligne l’historien Benjamin Stora, qui suit les relations entre les deux pays depuis cinquante ans. Il faut rappeler clairement à toutes et à tous l’origine véritable de cette situation déplorable. Ce n’est pas l’arrestation par Alger et le maintien en détention -intolérable, en effet- de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal : ce type de différend, en temps normal, se règle par voie diplomatique. Le problème de fond n’est pas davantage le refus d’Alger de réadmettre une poignée de ressortissants visés par des mesures d’expulsion de la part des autorités françaises : il s’agit là plutôt d’une conséquence de la crise que de sa cause. Si Alger a pris la décision, symboliquement très forte, de suspendre depuis sept mois la présence de son ambassadeur en France, c’est qu’existe entre les deux capitales un contentieux politique lourd, à savoir  la reconnaissance officielle, en juillet dernier, par Emmanuel Macron, du plan marocain d’autonomie concernant le Sahara occidental comme « seule base de règlement » de ce conflit emblématique (1).

Soulignons que cette position est contraire à celle de l’ONU comme à celle de l’Union européenne : l’une comme l’autre considère le Sahara occidental comme un « territoire non autonome dont le statut final sera déterminé par le résultat du processus de l’ONU en cours », c’est-à-dire l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Pour sa part, la Cour internationale de justice a souligné dès 1975 que les éléments fournis parlé Maroc « n’établissaient aucun lien de souveraineté territoriale entre cet État et le Sahara occidental ». En écrivant que « le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », le Président français savait donc qu’il faisait prendre à la position française sur ce dossier ultra-sensible un tournant radical qui serait reçu en Algérie -par delà les autorités, dans la société elle même-  comme une provocation .

Comme si ce refroidissement sans précédent de nos relations avec l’Algérie ne suffisait pas, des ténors de la droite la plus dure se sont engouffrés dans la brèche ouverte par Macron. Ce fut notamment le cas du Président du Sénat, Gérard Larcher, qui, fin février, renouvela mot pour mot la provocation du Chef de l’Etat, d’abord au Maroc, puis carrément dans la partie occupée du Sahara occidental, que Larcher s’est empressé d’appeler par sa dénomination marocaine : « les provinces du Sud ». Après lui, Bruno Retailleau, suivi du Premier ministre par intérim -tous deux en mission de désamorçage du risque de censure de la part du RN- ont récité leur couplet anti-algérien aux relents colonialistes : dénonciation d’une « humiliation de la France »; ultimatum et menaces en cascade, de l’abrogation des accords bilatéraux de 1968 à la suppression de visas ou/et de l’aide au développement…

Face à cette irresponsabilité et cette indignité, il revient, une fois encore, aux citoyens et aux citoyennes de France de sauver l’honneur du pays en faisant vivre le respect, le dialogue et l’amitié avec le peuple algérien. 

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(1) Par pure coïncidence , cette volte-face de la France fut suivie par la conclusion de 40 accords entre le Maroc et Veolia, Alstom, TotalEnergie, Engie, etc…, pour une valeur de quelque 10 milliards d’euros.

Francis Wurtz, 6 mars 2025


France-Algérie, comment apaiser les tensions ?

Lr journal l’Humanité  a donné la paroles à plusieurs intervenants sur le sujet :


Erwan Davoux

Ancien membre de la DGSE, chargé de mission à l’Élysée, directeur de la publication de Geopolitics.fr

Les deux pays ont un destin commun. Leur relation doit être à l’abri des contingences politiciennes. Elle ne peut se limiter aux obligations de quitter le territoire français et aux visas ../.. Au prochain président de la République de s’atteler, avec son homologue algérien, à reconstruire, progressivement, une relation de confiance..

Adlene Mohammedi 

Chercheur et enseignant en géopolitique

Il faut redonner sa place au droit, d’un côté comme de l’autre, pour abaisser les pressions sur une relation aux nombreux intérêts communs

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Brahim Oumansour 

Spécialiste du Maghreb et auteur du livre l’Algérie, un rebond diplomatique,

https://www.humanite.fr/monde/algerie/la-crise-franco-algerienne-est-reelle-et-profonde-alerte-brahim-oumansour

– Saïd Belguidoum,La crise franco-algérienne est réelle et profonde

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Saïd Belguidoum, 

président du conseil de la communauté algérienne – région PACA.

https://www.humanite.fr/en-debat/algerie/pour-un-dialogue-franco-algerien-pour-lamitie-entre-les-deux-peuples

Pour un dialogue franco-algérien, pour l’amitié entre les deux peuples.

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et dans l’Humanité du 20mars 2025 ; Une crise au relent colonial


et aussi :

Un reportage sur le Sahara Occidental dans l’Humanité du 31 mars 2025